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Anti-Propaganda

"Le Salaud du Livre" par pFr

“Le Salaud du Livre” par pFr

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Avons-nous enfin trouvé une raison de féliciter ReLIRE ? La tâche semblait impossible. Mais ce serait ignorer les multiples occasions où nous avons pu nous réjouir de la floraison d’arts visuels brocardant le maléfique projet de la Bnf. 

Il convient, en des temps aussi difficiles, de ne pas bouder notre plaisir, et de ne pas nous montrer aussi mesquins que l’adversaire.

Au moment où je reçois, de mon camarade pFr, une affiche que la Nitch-Crew a grand plaisir à afficher sur son mur (faites rouler une plus grosse imprimante !) et avant, grâce à un prompt plebiscite obtenu à l’applaudimètre maison, que le motif se retrouve bientôt sur nos meilleurs t-shirts de manifs… offrons-nous le plaisir de feuilleter (et relire !) les oeuvres graphiques diverses qui accompagnent le travail de la “résistance”.

En attendant la galerie complète prévue sur la Wiki-mode base Anti-ReLIRE.

ReLIRE ‘aspire’ nos oeuvres et ‘inspire’ nos artistes. Nous loueront ici davantage l’esprit de rébellion de ceux qui défendent âprement leurs droits que la machinerie ‘nationale’ qui n’a jamais visé un seul instant, la chose est sûre, à faire naître de nouvelles oeuvres.

LE LOGO DU PROJET ReLIRE…

Objet d’un nombre impressionnant de  caricatures /pastiches / détournements /… ‘correctifs’ ?…

(et d’un nombre presque aussi important de détournements linguistiques)

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ReLIRE by ReCALE

ReLIRE by ReCALE…

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La pétition anti ReLIRE sur change.org

“Si, en dépit de tous ces appels, ReLIRE et la loi qui l’encadre ne révisent pas leur copie, nous nous ferons un devoir de ne pas ReLIRE : nous refusons d’alimenter la machine aliénante, d’engraisser les abuseurs. Nous nous ferons un plaisir d’apporter plutôt notre soutien financier aux écrivains qui s’en iront, leurs œuvres sauvées du désastre sous le bras, bâtir ailleurs de meilleures structures de publication, aux éditeurs qui n’auront pas sacrifié leur sens de l’éthique et de l’esthétique à leur survie économique, aux libraires indépendants qui défendent tous ceux-là.”

La Pétition / opt-out des Lecteurs

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LA CAMPAGNE de “COMMUNICATION”….

et “l’Anti-Campagne”

Face au choix du Gouvernement d’ignorer et de minimiser la grogne, remplaçant l’obligation minimum d’avertir, de demander l’agrément et de proposer des contrats  aux auteurs qu’il prétend ‘saisir’ par une campagne d’affichage massif (et tardif) par voie de Presse… Les bannières “bucoliques et joviales” de ladite campagne (financée par fonds publics déversés au tonneau) furent viralement pastichées et détournées…

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Dites non à ReLIRE" par Long Shu publishing

Dites non à ReLIRE” par Long Shu publishing

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Et le petit chef-d’oeuvre d’humour de Biblionumericus.fr (Pour le 1er avril #ReLIRE montre son vrai visage“)

Le “poisson d’avril” de Biblionumericus

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DE “l’EXPLICITE CAUSTIQUE”

En version “icône”

ReLIRE Bay avatar - by Team Alexandriz

ReLIRE Bay avatar – by Team Alexandriz

Et en version “full revamp” du si décrié  (par ceux qui l’imitent et l’Hado-tour-de-pise’nt) “Pirate bay”

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relire_bay_team_alexandriz

“ReLIRE Bay” par la Team Alexandriz

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ReLIRE way - by captain Zaitzev

ReLIRE way – by captain Zaitzev for Nitchevo.net

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DU… “POSTER DE MOTIVATION”

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.resistance

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DU CARTOON / DE LA BD…

Notamment sur le site de la SNACBD

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“ReLire … entre les lignes” by Maëster

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“Relire … entre les cases” by Maëster

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“L’accord Cadre du 21/03/2013 entre le CPE et le SNE” by Duhamel

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“Oeuvres indisponibles – formulaire d’opposition” par Maëster

(un gros “personal fav” sur cette “tête pleine de boulons” ! ^_^)

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Et, au passage, un franc salut au SNAC-bd (Syndicat des auteurs de BD) pour leur position sur ce dossier.

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Dessin de Claude Ponti : "je n'ai pas à prouver que ce qui m'appartient m'appartient"

Dessin de Claude Ponti : “je n’ai pas à prouver que ce qui m’appartient m’appartient”

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Les artistes graphiques (et ceux qui le sont devenus par nécessité ?) ont été inspirés.

Nous attendons à présent les ARG et les un-fanfics !

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Les artistes, auteurs, lecteurs solidaires et sympathisants de tout poil sont vivement invités à montrer leur adhésion à la “Résistance Anti-ReLIRE” en affichant les “logos anti” sur leurs espaces webs. Yes you can!

A suivre !

LS/. – 4 Nitch!

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Et parce qu’il est dramatiquement certain que j’en ai oublié, ou manqué, quelques-uns… artistes et frondeurs de tout poil… signalez-nous vos oeuvres. Nous promettons solennellement qu’il s’agit d’un opt-in

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Templates de la communication ReLIRE : Le caviardage (raté) de Wikipedia

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Nous avons reçu hier soir, de nos contacts dans “l’opposition au projet  ReLIRE”, un communiqué concernant le vandalisme hautement suspect de la page ReLIRE sur Wikipédia.

Nous le reproduisons ici, comme nous avons été invités à la faire, en intégralité

Enjoy :

20 mai 2013

Quand la BnF caviarde Wikipedia…

A l’ère de l’information sur internet, la technique consistant à modifier massivement des pages Wikipédia sur les sujets contestés est largement connue, en particulier des politiques en période d’élection… la BnF espérait peut-être que son caviardage grossier en faveur de ReLIRE passerait inaperçu ? Raté !

Vers 15h15, un nouveau contributeur s’inscrit sur Wikipédia sous le pseudonyme de Lcervois. Après avoir indiqué être « amateur de culture, inscrit sur Wikipédia pour partager, contribuer et apprendredans les domaines du patrimoine, de la littérature, et des arts visuels », il commence à orienter très largement la page wiki du projet ReLIRE dans le sens qui arrange nos instances. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les critiques disparaissent de l’introductionle registre se voit purgé de ses erreurs, les modalités d’opposition deviennent simples, et on en passe !

Non content d’avoir purgé la page de ReLIRE de tout élément dissident, notre nettoyeur s’empresse d’enrichir la page des « Livres indisponibles » d’un bon gros pavé indigeste rempli de bonnes ondes commerciales.

Allez, on vous en sert une couche ?

  • « La volonté d’offrir une nouvelle diffusion aux livres indisponibles »
  • « Un mécanisme juridique destiné à faciliter l’exploitation numérique de ces ouvrages a été introduit par la loi du 1er mars 2012. »
  • « Il s’agit tout d’abord d’éviter le trou noir que représente le XXe siècle pour la diffusion numérique des livres français en permettant à des œuvres devenues indisponibles, dont certaines très récentes, de trouver une nouvelle vie au bénéfice des lecteurs. »

Ne riez pas, car comme dirait Coluche : « c’est avec votre argent ! ».

Par le Nerval de Garde

Ce document est mis à disposition sous une licence libre, C.C-by-S.A

Suite à une rapide réaction de la Rédaction de Wikipédia, l’article a été rétabli dans sa forme d’origine.

Le rédacteur Lcervois, appelé à se justifier, est resté à ce jour absolument silencieux, ce que l’on ne peut que déplorer, s’il est innocent des accusations portées contre lui.

L’affaire en Interne, sur Wikipédia

Etude du “cas” : Discussion utilisateur:Lcervois

Caviardage

Bonjour, en espérant que vous ne soyiez pas chargé par une agence de E-réputation de blanchir tout ce qui est en rapport avec le projetReLIRE, vos contributions sont très étranges. —Egyszarvúfej (heraldika,) fr -- tête de licorne.PNG Tsaag Valren () 20 mai 2013 à 16:18 (CEST)

Livres Indisponibles

Bonsoir, j’ai supprimé vos ajouts en les transférant dans votre brouillon, il faut mieux éviter de mettre 2 articles en 1 seul et amener vos corrections dans l’article déjà fait, pour permettre la clarté de l’article pour le lecteur. N’hésitez pas à me contacter. — Rome2 [Discuter], le 20 mai 2013 à 23:04 (CEST)

Caviardage confirmé

Voir http://www.actualitte.com/usages/comment-caviarder-wikipedia-au-profit-du-registre-relire-42482.htm – pr mémoire — Titou (d) 22 mai 2013 à 17:12 (CEST)

Cette “affaire” a été reporté sur l’entrée ReLIRE de Wikipédia en ces termes:

Volet judiciaire et réaction de la BnF face aux critiques

Début mai 2013, le collectif Le droit du Serf a déposé un recours pour excès de pouvoir contre la ministre française de la culture Aurélie Filippetti et le premier ministre Jean-Marc Ayrault, pointant dans le décret d’application de ReLIRE de nombreuses violations de lois européennes, comme la Convention de Berne, le Traité de l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et la Convention européenne des droits de l’homme39,40,41.

La BnF semble, de l’avis de différents auteurs et éditeurs concernés par le projet, ignorer les nombreuses critiques du registre ReLIRE. Le 21 mai 2013, plusieurs blogueurs et le site d’information Actualitté notent ce qui ressemble à une tentative de caviardage de l’article Wikipédia sur ce projet, peut-être effectué par une agence de e-réputation mandatée par la BnF42. (la note 42 renvoyant à l’article de N. Gary sur ActuaLitté – cité ci-dessous)

:: Nota Bene 28 mai 2013 ::

La page utilisateur de Lcervois est seulement présente sur la version  française de Wikipedia

communicationfail

Pour suivre sur

Internet :

– La BnF caviarderait-elle Wikipédia par Lionel Davoust – 20 mai 2013
(repris sur Planète SF le 21 mai)

– Projet RéÉCRIRE par le Capt. S. Zaitzev du Nitchevo Squad – 21 mai 2013

ReLIRE se ReLIFTE sur Wikipedia par Natacha Giordano du Nitchevo Squad – 21 mai 2013

Comment caviarder Wikipedia au profit du registre ReLIRE sur ActuaLitté  par N. Gary 21 mai 2013

– Répercuté sur Facebook par Julien Morgan le 20 mai 2013

– Et à suivre, évidemment, sur le #ReLIRE sur Twitter

 

Autres visions :

Rémi Mathis / @RemiMathis / (Conservateur au département des Estampes de la BnF ; rédac’chef des Nouvelles de l’estampe ; président de Wikimédia France) – y a d’ailleurs commenté l’affaire en réagissant à l’article d’ActuaLitté (cité ci-dessus) en ces termes:

@TheSFReader Une institution qui décide de manière volontaire de falsifier les informations sur un projet #tadaadadadada<=musique de X-files

Ce qui a mérité un petit développement…

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Le bug de l’an 2000 a bien eu lieu : la dystopie ReLIRE donne raison aux auteurs SF

Lettre de Léa Silhol aux anciens auteurs des Editions de l’Oxymore, sur le Myspace “Oxymoriens”, le 06 avril 2013

 

dystop

Bonjour/ Bonsoir à vous tous
Ce mois-ci, la “loi sur les oeuvres indisponibles du XXeme siècle” a commencé sa triste carrière, par la publication de la première “liste” des ouvrages bon pour saisie par les huissiers de la BnF.
La grogne grandissante commençant à faire du bruit, la plupart d’entre vous doivent avoir entendu parler de cette “supposée avancée pour le Mônde numérique”.
Ceux qui croyaient, pour leur part, résider encore sur cette bonne vieille planète Terre apprendront avec intérêt qu’il existe un autre “monde”, donc, forcément parallèle, voireperpendiculaire, où les lois sont très différentes de celles de la biosphère humaine.
Ces aliens, cher explorateurs intergalactiques, procèdent d’une société qui, à l’instar de celles des insectes, a jugé bon d’abolir “l’individuel” au profit du “collectif”, et ne reconnaît plus que très partiellement le concept de “propriété intellectuelle” dont nous avions, nous, ici, rempli tout un Code (précisemment nommé d’après ladite propriété).
 
Nos ethnologues auraient pu trouver quelque intérêt à étudier cette étrange civilisation, et la comparer avec profit aux modèles entomologiques voisins. Et nos sociologues se seraient rengorgés en leur expliquant ce que tout un chacun sait fort bien : à savoir que leur pseudo-philosophie a toujours constitué un moyen commode pour les dictatures de brider le peuple dans son ensemble, et les ‘intellectuels’ en particulier. Rien de plus commode, pour transformer ces probables (trop) libres penseurs en portefaix, que de vendre le mythe qu’ils ont moins de droits que les autres hommes. Et qu’étant nés dotés de science, d’imagination ou de tout autre particularités bonnes à transformer en objets de divertissement, ils se doivent de donner à la communauté le bénéfice de ce bien injuste bonus. Nos sociologues rieurs auraient alors ouvert leurs livres d’histoire, et fait lire à ces idiots d’extraterrestres les fiches synoptiques concernant le stalinisme, le maoïsme, et toute autre fiche concernant la répétition de cette ruse éculée : le “bien du peuple” (la masse des consommateurs) justifiant la mise à sac de la minorité créative.
Hélas, tandis que nous regardions ailleurs, ces Body-Snatchers nous avaient envahis. Et nous voici sous leur règne.
Cela pourrait, diraient certains, constituer un bon début pour une dystopie. Mais l’attaque sur les livres a déjà fait l’objet de tant de scenarii de cet ordre que ce ne serait qu’une énième redite. C’est le problème de la littérature d’Anticipation, non ? Elle est assez souvent mariée à la Loi de Murphy. Nous devrions instituer un Prix Cassandre. Histoire de consoler ceux qui auront trop bien rêvé l’obscurité du Futur ?
Enfin. rien ne sert d’être trop tristes. Ce n’est pas la première fois que la France est envahie, n’est-ce pas ? Les vieilles règles s’appliquent : la population se divise en pour ou contre. Censément pour des raisons-bien-raisonnées (vendues en kit), mais en réalité, évidemment, pour des motifs basiques “d’intérêt personnel”.
Les nouvel Etat a donc décrété que toutes les oeuvres parues avant 2001 et qui ne sont plus disponibles à la vente étaient “orphelines”. Dans la mesure où il serait “impossible de retrouver les parents” (nous), la BnF, sous le masque terrifiant de froideur d’une ASE made in Hell, va donc les “placer” dans des familles d’adoption. De façon à ce que ces “pupilles” ne leurs coûtent pas trop cher, par rapport à ce que le commerce de leurs charmes va rapporter, ils vont les “dématérialiser”. Et donc les mettre sur le trottoir des autoroutes de l’information… en version numérique.
Il ne faut pas pousser, quand même. C’est déjà assez que la Nation doive prendre soin des enfants que vous avez, ô parents indignes, abandonnés. vous ne voulez pas non plus que l’affaire coûte de l’argent au Peuple que vous, parasites marginaux, grevez déjà exagérément ! Tst, méchants chiens. L’on peine à souffrir, à la BnF, votre ingratitude. On vous soupçonne, à tout ce bruit que vous faites, de “porter des jeans”, comme ces jeunes arrogants de Google Books, quand ils ont passé ces Nobles Huis en s’imaginant, les fats !, qu’ils pouvaient prétendre à s’emparer de notre Patrimoine.
(Ne le niez pas : vous portez des jeans. J’en vois qui en portent, si fait).
Il y aurait beau voir que des gens ainsi vêtus aient des droits, à l’heure du Numérique, et de l’esprit de Ruche. Fi !
S’il vous semble bien surréaliste que des gens ayant l’estomac de gloser sur la valeur du “monde moderne” et du numérique ne puissent vous trouver sur vos sites, les réseaux sociaux où vous traînez vos denims, ou, osons! par le truchement des Sociétés de collecte de droits auxquels certains d’entre-vous appartiennent, (et notamment la Sofia, partenaire de leur système) c’est que vous êtes de mauvais sujets. Car vous voulez encore donner du travail à l’Administration, alors qu’elle est déjà bien bonne de prendre en charge vos orphelins.
Que nenni.
C’est à vous, donc, d’aller vérifier, une fois l’an, le nouveau tronçon de “la Liste”, affiché sur le mur du registre ReLiRE, hébergé par la gracieuse BnF. Et, si d’aventure vous reconnaissez l’un de vos mouflets, il vous appartient de le réclamer avant qu’on ne le désincarne, et qu’on ne le ‘livre’ aux ‘adoptants’ choisis par l’état.
Vous irez sur la base une fois l’an, mais prenez un baise-en-ville, surtout, car vous pourriez y passer un certain temps, les moyens de recherche étant parfaitement assortis aux “connaissances extrêmes de la modernité du monde numérique” démontrées par ces messieurs.
On va vous demander de prouver votre paternité, alors n’oubliez pas de vous laver les pieds avant d’entrer dans l’Auguste Edifice, mais aussi votre vilaine bouche avant de cracher votre ADN dans le flacon. (vous pouvez conserver vos jeans, par contre, bande de djeuns, vous n’abuserez personne en vous endimanchant).
Je vous passe les détails.
Brisons là, comme on dit à la Bnf.
Pour ceux non familiers encore de cette ‘nouveauté’, une bonne plateforme-relais, ici, pour explorer un peu le concept.
Et pour aller pointer devant le guichet de la Ruche et chercher dans la liste de nom de vos gamins, c’est Par là.
Ne trainez pas : le compteur tourne. Vous avez moins de 6 mois, et la procédure estlongue.
Et… pour ceux qui ne l’ont pas encore fait (parce que nous sommes parfois tête-en-l’air, nous autres), il y a un Petition à signer, et c’est ici que cela se passe
Les écrivains, anthologistes, traducteurs toutes catégories confondues (fictions comme essais) sont concernés, y compris les auteurs étrangers traduits.
Mais également les illustrateurs, et artistes “d’arts visuels” de toute sorte rattachés aux livres en question.
Vous trouverez un peu partout sur le web des conseils pour éviter les pièges de la base, et pouvez suivre le stream sur Twitter sous le #ReLire.
***
En ce qui concerne nos “crimes communs” : aucun des ouvrages “éligibles” de l’Oxymore ne figure pour l’instant dans la base. Ce sera probablement pour une prochaine fournée, mais pour l’instant les auteurs “D’Ainsi Soit l’Ange ” ou de “Vampire, Portraits d’une Ombre” par exemple, n’ont pas, normalement, à s’alarmer. (nous avons vérifié avec maniaquerie, bien sûr).
Avertissez vos amis artistes.
Cela vaut pour les auteurs mais aussi pour les lecteurs. Avertissez les artistes que vous aimez du danger qu’ils courent. C’est sérieux. Très.
Merci d’avance.
Des insectes qui enfoirent Neil Gaiman et Zelazny ne peuvent pas être fondamentalement bons.
Heureusement que Bradbury n’est plus là pour voir la… température grimper !
Good night and good Luck
LS pour L’Oxy-Team
que vous retrouverez, comme il se doit, au front,
en première ligne.
© Lea Silhol – Ici reproduit avec la permission de l’auteur (n’en déplaise à la BnF)
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Principes de Suspension de la Crédulité (Polaroid introspectif de ReLIRE)

Lettre de Léa Silhol à ses lecteurs sur son blog @ Myspace – 25 mars 2013

(Le présent texte est ici reproduit avec la permission de l’auteure )

"K-exit" by LS

La littérature, pour fonctionner, nécessite la mise en place d’un principe portant le joli nom de “suspension de l’incrédulité”. Cela consiste, pour l’auteur, à donner à sa fiction l’apparence de la “réalité”, au point que le lecteur oublie qu’il est en train de lire, pour s’immerger / ressentir / vibrer au rythme de l’histoire. Dans le cadre de cette enclave de temps presque miraculeuse, et incontestablement magique, nous échangeons notre réel contre un autre, si irréel qu’il puisse être concrètement (dans le cas, par exemple, des littératures de l’imaginaire). Pour cela, évidemment, l’auteur doit poser un décor / des personnages / une intrigue… crédibles. Pas de bon bouquin sans ce pré-requis : que cela puisse paraître réel, même si cela implique des dragons, ou des voyages dans le temps, ou… (osons) des politiciens honnêtes.

Je dois avouer que, lorsque j’ai lu le projet sur ” l’exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle”… mon incrédulité n’a tout simplement pas pu se “suspendre”. J’ai contemplé cet OVNI avec l’oeil ahuri qu’on réserve à un épisode de ces séries des années 80, où les costumes des monstres camouflent si peu leur matériau à base d’hydrocarbures que l’on peut presque (avec les yeux !) percevoir l’odeur du plastique.

cette “Loi”.

Ubuesque, surréaliste, dada, incroyable…. impossible.

Un hoax, forcément.

Je dois souligner ici un détail à décharge : je suis amoureuse du CPI (le Code de la Propriété Intellectuelle, permettez qu’à l’avenir je me contente du sigle, par commodité). Je suis tombée amoureuse du CPI à la première lecture. Découverte qui accompagna les travaux de création de l’Oxymore. Je m’étais mis en tête, voyez-vous, puisque les contrats des auteurs allaient dépendre de mon poste, d’apprendre le CPI, peu ou prou, par coeur. Et je lui ai immédiatement voué un amour particulier, que seules les modélisations de tétraèdres, la toujours crucifiante beauté de la quadrature du cercle et le ruban de Moebius avaient pu jusqu’alors m’arracher. Le CPI, vous voyez, était beau, cohérent, limpide, juste comme seules peuvent l’être habituellement, les suites mathématiques.

J’ai “signé”, pour l’Oxymore, quelques centaines d’auteurs, dont beaucoup d’étrangers. Et à chaque fois qu’un Américain m’a dit que nos lois concernant la littérature étaient les plus belles du monde, et à quel point ils nous les enviaient… je dois confesser avoir ressenti le pétillement (rarissime chez moi) du… chauvinisme.

Cet édifice, défendu et accouché par des auteurs engagés, a tenu longtemps. Au point que, peut-être, j’ai rêvé qu’il serait plus impossible à révoquer que d’autres institutions, pourtant plus fondatrices, que nos derniers présidents ont fait choir de leurs autels.

Je me trompais, évidemment.

Nos législateurs viennent de démontrer avec un brio digne du Cirque Pinder que passer du “meilleur” au “pire” est pour eux un exercice acrobatique infiniment aisé.

Sans aucune transition, pause, ou état d’âme, notre statut, jadis enviable (donc), est tombé au dessous, même, de la condition générale humaine, ou citoyenne.

Hier encore, il fallait attendre 70 ans après la mort d’un auteur pour que son oeuvre “tombe dans le domaine public” (j’ai toujours trouvé le mot “tomber”, dans ce cas, particulièrement intéressant à méditer).

Du vivant de l’auteur, de ses héritiers et/ou ayant-droits mandatés, et sans que l’absence des uns ou des autres invalide ce délai légal de 70 années, les créations de l’esprit étaient reconnues et protégées, du seul fait de leur existence. Nul, évidemment, ne pouvait les imprimer, publier, transmettre, diffuser etc. sans l’accord de leur auteur, et un contrat en bonne et due forme formalisant cet accord. Même les droits seconds transmissibles à des tiers (reprises en poche, Club, version radio, etc.) ne pouvaient être cédés par l’éditeur sans aval de l’auteur.

Magnifique. Logique. Équitable.

Sans transition, donc, vous vous réveillez un matin, et apprenez que “l’État” (et ses partenaires privés) s’est octroyé le droit de numériser et diffuser les “oeuvres indisponibles” publiées au XXe siècle. Hier, donc. Parce que le XXe siècle… c’était hier. Les auteurs sont, pour la plupart, encore vivants. Ils n’ont été ni consultés, ni avisés. Et leur accord n’est pas nécessaire, ni tenu pour avoir une quelconque valeur. On nous dit vaguement, sans guère plus de précisions, que des royalties seront versées, en partie aux auteurs, et en partie aux éditeurs qui ont failli, pourtant, à remplir leur devoir contractuel de maintenir l’oeuvre en disponibilité, et commercialisation, et/ou à de nouveaux éditeurs exploitants des versions numériques, qui nous seront imposés (nouveauté notable) sans choix aucun. Pas de termes négociés ou négociables, y compris sur le montant en % desdites royalties, et les dispositions contractuelles. Celui qui, régaliennement, vient d’opérer une saisie sur vos oeuvres, vous donne ce qu’il veut. Ce qui revient à dire que nous sommes devenus, donc, des mendiants, soumis à une aumône dont notre ravisseur fixe seul le montant, et la forme. A qui il donne, et combien, et, de même, à qui il s’arroge le droit de céder vos droits de publication. Publication numérique (pouah !) , avec validité de 10 années.

Voilà, vous venez de vous faire plumer. Eh, il ne fallait pas faire de vous-même des êtres de plume, non ?

N’avez-vous aucun moyen de vous y opposer ? Si. Votre nouveau proxénète n’estime pas avoir besoin de votre assentiment, mais admet du bout des lèvres votre droit à refuser l’affaire.

Afin de montrer aux auteurs tout le respect et l’estime qu’il leur porte, le système ReLIRE leur donne accès à une base où la “liste” des oeuvres éligibles est publiée.

Le pauvre auteur peut aller, si cela l’amuse, y taper son propre nom, et voir si, d’aventure, il est au menu du prochain banquet. S’il est malin, il tapera chaque titre d’ouvrage concerné, également. Le référencement fait par ces “protecteurs des arts” étant aussi défaillant que la réflexion ayant abouti à la Loi en question. Anthologies, ouvrages critiques collectifs, etc. ne sont pas listés avec le rôle de tous les auteurs participants. Si vous voulez repêcher tous vos bébés, vous avez intérêt à avoir conservé une bonne liste chronologique de vos agissements.

Une fois parvenu cette déjà bien fastidieuse étape, vous vous confronterez à une interface de déclaration en ligne dont la forme archaïque ne peut s’expliquer que par une volonté de décourager le combattant sur son trajet. Vous ne créerez pas un “profil auteur”, et vous devrez retaper vos noms, pedigrees, adresse, etc. (et capcha, bien-sûr) sur chaque fiche : une par livre, une par texte. Si vous avez été prolixe, vous commencez déjà à vous en repentir, et à maudire d’importance vos ‘bonnes fortunes’ passées.

C’est fini ? Que nenni.

On vous donnera un n°, et la liste des diverses preuves à envoyer à la BNF pour qu’ils “étudient votre demande”. Car vous allez devoir prouver, sans preuve ADN clairement définie, que le bébé est bien de vous. Ce qui signifie, évidemment, qu’ils peuvent rejeter votre demande. Les relents de malveillance, de mépris et de mauvaise-foi arrogante de tout le système sont si puissants que vous ne pouvez, légitimement, que remettre en cause l’équité du “jugement” en question.

Vous avez six mois (notez que vous n’avez pas été averti de la situation, n’est-ce pas ?). Au terme de ce compte à rebours, vous entrez dans la zone où annuler cette dépossession sera si ardu que vous préfèrerez recourir à une demande de citoyenneté dans quelque Cercle infernal made in Dante. Là-bas, au moins, le fait que tout espoir soit laissé en douane est inscrit clairement sur les huis. Il faut bien, ici aussi, reconnaître la supériorité, en termes de respect des Droits de l’Homme, de l’Hadès sur la Nouvelle-France. Et n’est-ce pas hilarant ?

Il va sans dire qu’un auteur n’est pas autorisé à refuser, en bloc, la numérisation et mise sous tutelle & curatelle par une “société de gestion collective” (comme cela sonne divinement… bolchevik) de “l’ensemble de son oeuvre”. Non non non. Cela reviendrait à rendre l’évasion un peu trop simple, n’est-ce pas ? Il devra guetter son nom sur “la liste”, et recommencer le parcours du combattant pour chaque texte.

Comment va, à ce stade, votre “suspension d’incrédulité” ?

Allons plus loin :

– Les illustrateurs logent à la même enseigne.

– Les traducteurs ne sont même pas évoqués (mais sont listés à la même enseigne)

– Et… oui, les auteurs étrangers, en totale violation des contrats signés avec les repreneurs français, et des lois de leurs pays d’origine, sont logés à la même enseigne.

Incroyable ? Certes. Mais… vrai.

Les grandes lignes du décor étant posées, examinons le talent des acteurs : Pourquoi ne demande t-on pas la permission aux auteurs ? Parce que, (wah la vache), les auteurs sont “trop durs à trouver”. C’est cela, mon cher. (nous verrons en aparté le concept hilarant des “oeuvres orphelines”). Les auteurs (alias “mendiants”) sont plus aisés à trouver pour leur donner l’aumône que pour leur proposer dignement des contrats, c’est certain !

Il ne s’agit là que d’un des chef d’oeuvres de mauvaise-foi (sur une bonne quinzaine) que recèle cette loi conçue avec les pieds, pensée du bout des dents, rédigée avec les fesses (voyez comme je suis polie) et défendue avec les compétences rhétoriques de comiques troupiers. On nous prend pour des cons ? OUI. Et on n’a même pas le respect ou la classe de nous envoyer des interlocuteurs capables de laisser peser un “doute légitime”.

Bref, c’est non seulement un outrage absolu au bon sens, au bon droit, et aux Conventions de Genève concernant le traitement des prisonniers, mais, pire encore, une insulte à notre intelligence, un affront à la philosophie, un crachat à la face de tous les auteurs dont ce pays accouche, et qu’il enterre avant de les encenser, et une infusion de vulgarité d’un tel tonneau que même Gargantua s’est reconnu incapable de la déglutir.

Il me peine de le dire, car j’ai toujours été de tempérament “gascon”, et plus disposée à prétendre mépriser les camouflets qu’à m’en plaindre, que personne, à moins d’être sociopathe, ne peut sortir indemne de l’outrage que constitue ce traitement.

Les oeuvres de l’esprit ne sont pas des productions industrielles. Elles n’en ont ni les matériaux, ni l’inertie.

Les auteurs, c’est de notoriété publique, sont par nature et obligation des créatures sensibles, dont la relation avec leur art est merveilleusement exprimée par un terme juridique de l’ancien CPI : “droit – de – paternité”. (si ce n’est pas exemplairement parlant, tous ces termes afférents à la famille, Ô amoureux de sémantique !)

Mon but n’étant pas, ici, de pratiquer l’autopsie in vivo du monstre qui nous occupe — cela a été bien fait ailleurs, en divers points du web faciles à débusquer au fur et à mesure que le buzz enfle — quittons le territoire aride et jargonesque de la Lettre de la Loi (notez le singulier) pour aller droit au pays perfide du grotesque : l’Esprit de ladite Loi, donc, ou plus précisément son absence assourdissante.

Le “facteur humain”, donc, ce grand oublié de l’opération.

THIS IS WHAT IT FEELS LIKE

de l’intérieur…

– Chercher son nom sur la liste ne se peut comparer, métaphoriquement, qu’à ces scènes cinématographiques où une mère, une épouse, un frère (etc.) cherche sur un panneau d’affichage, en temps de guerre, le nom de quelqu’un qu’il aime dans la liste des disparus et des tombés. (en espérant de façon si tangible ne pas l’y trouver)

– Voir qualifier ses oeuvres, de son vivant, “d’orphelines” est aussi destructivement choquant que l’idée que l’école / le collège / le lycée, puisse ainsi déclarer nos enfants comme orphelins parce que l’administration en question aurait égaré notre numéro de téléphone, et perdu la science du bottin. Et que donc, sur cette base d’une légèreté incontemplable, l’Education Nationale les livre, sans plus de circonvolutions, au circuit de l’adoption.

– Voir nos droits ainsi abrogés, froidement et sans palier, est un viol. Il n’y a pas d’autre mot, et il n’est pas, même ainsi, assez fort pour refléter intégralement le ressenti d’un artiste véritable ( = investi viscéralement) confronté à cette situation.

Le fait que ce viol (collectif, mais bien “géré”, n’est-ce pas) se produise dans un pays réputé “hier” pour la justesse exemplaire de ses Lois concernant les créateurs… nous oblige à ajouter qu’il se rapproche donc d’un viol commis *dans le cercle familial* (facteur aggravant s’il en est). c’est ici votre père, garant naturel de votre sécurité, qui vous viole, et vous donne à vos oncles, frères, collatéraux divers, avant de monnayer la “suite” à l’échelon national.

– Voir nos livres (nos “enfants”) « orphelins » (le terme est d’eux) nous être enlevés sans préavis et donnés à “adopter” (oui, ce terme-là aussi est d’eux) à n’importe qui est, tout simplement, exactement cela. Le reflet en réduction de ce que serait cette situation, si elle concernait nos enfants de chair, et non de papier.

– La perte de confiance en l’équité de l’État ; la remise en question des fondations-même de la vocation d’artiste ; et la perte de tout désir de relâcher un nouveau “bébé” dans ce mixer sont impossible à quantifier. Et je ne parle même pas des méditations philosophiques sur l’intérêt, stricto sensu, de continuer à vivre dans un monde aussi corrompu, amoindri, et ne se donnant même plus la peine de travestir son faciès de moissonneuse-batteuse.

AINSI PARLAIT CASSANDRE, DEVANT LES PORTES SCÉES

Nul n’a besoin d’un bien grand don de voyance pour prévoir certains effets de cette abominable transformation du CPI :

– Arrêt brutal de certaines carrières et retrait complet des auteurs sur toute île déserte accessible.

– Renonciation des “talents à venir” à s’engager, purement et simplement dans cette voie, par refus réaliste et responsable de se vouer sciemment à un système aliénant.

– Dépression chronique sur quelques milliers d’individus, et cortège afférent de “trous dans la sécu” localisés aux portillons de toutes les niches psychiatriques, centres pour alcooliques, et cliniques de désintox.

– Suicides. Oui, j’ose. Car si on s’ôte si facilement la vie dans des *administrations* pour cause de conditions de travail difficiles, harcèlement hiérarchiques et etc…. quid d’un un créneau où la vocation est aussi éloignée d’un “job alimentaire” que l’on peut l’être, et le rapport au “job” aussi passionnel que possible ?

– Refus, bien évidemment prévisible, des auteurs et éditeurs étrangers de céder les droits de traduction et publication aux éditeurs français, par crainte légitime du devenir des dites traductions si l’éditeur français venait à ne pas maintenir la disponibilité du livre. (on croit rêver !)

Bénéfice net :

– Des dégâts massifs et inévitables sur la production des auteurs déjà en activité.

– Des dégâts massifs et inévitables sur la production future des auteurs francophones ne relevant pas à titre personnel d’un courant SM.

– Des dégâts massifs et inévitables sur le quota des oeuvres étrangères proposées en traduction française.

= un appauvrissement inévitable de l’offre, tous rayons confondus. Des litiges internationaux à n’en plus finir. L’exacerbation des clivages entre les acteurs de la chaîne du livre. Une baisse afférente de la qualité de vie tant des producteurs que des consommateurs.

Le ravalement de la culture et de ceux qui la “produisent” à un rang inférieur à celui des serfs du moyen-âge.

Une production littéraire post-2013 prévisiblement inférieure à celle pré-2013, aboutissant au postulat que l’État estimerait, donc, que les oeuvres indisponibles du XXe siècle avaient été, bien qu’écrites par des serfs, d’une qualité inhérente plus élevée (d’où obligation vitale de les rendre “disponibles” au détriment de leurs créateurs) que tout ce que le XXIeme siècle pourrait nous donner, si nous ne nous acharnions pas à l’amputer de ses ailes (plumes comprises, cela va de soi).

Bien évidemment l’Etat ne pense rien de tel.

Si les rédacteurs de cette pantalonnade ont “pensé” de quelque façon que ce soit, avant de pondre ce chef-d’oeuvre, ils l’ont fait dans un mode binaire ne permettant pas à des êtres humains de le déchiffrer.

Mais… essayons.

TENTATIVE DE PARLER LE SABIR DE L’ALIEN QUI PRÉTEND NOUS RELIRE

La valeur, l’utilité, la *nécessité* de la Culture n’a pris aucune place dans la conception de cette soi-disant “Loi”. L’Argent, seul.

Devrait-on dédouaner les rédacteurs de ce massacre, sous prétexte qu’ils sont si visiblement illettrés ? Des esprits plus pragmatiques que le mien le pourraient peut-être, si ces bouffons se montraient meilleurs comptables que penseurs. Mais s’il s’agit ici de générer du profit sur la laine des jeunes moutons, / sous la justification à demi avouée de financer le programme de numérisation des oeuvres des morts en égorgeant à vif les vivants / … alors l’opération, même inique, peine à tomber plus droit (à défaut d’oser dire ‘plus juste’) que ces vagues justifications culturelles. C’est brader le présent et l’avenir de la Culture pour un petit prix, pour des miettes, des rogatons, et des pièces plus jaunes que la face desdits législateurs, (ou le manque éclatant de Face d’iceux, selon le patois de Marseille). C’est bien cher payer, pour un bénéfice aussi médiocre, que d’infliger une violence aussi massive à une minorité, quelle qu’elle soit, de sa propre population.

L’injustice flagrante, si institutionnalisé qu’elle soit, n’en est pas pour autant *rendue* légale. Une Loi indéfendable, conçue par des fous pour des hommes-bouliers (incompétents de surcroit), votée un jour de somnolence par quatre barbons cacochymes dans un hémicycle pompeux, – si doré sur tranche qu’il soit-, n’y gagne pas la légitimité morale et juridique que le bon sens, le bon droit, et le la base-même de nos philosophies éthiques lui refusent.

Une loi illégale n’a pas force de loi, quelles que soient les apparences qu’elle se donne. Principe d’invalidation que même les Lois reconnaissent, et pour cause. La pomme de l’abus ne tombe jamais bien loin de l’Arbre des puissants, c’est l’axiome-même de la “tentation”, n’est-il pas ?

Et il convient ici de relire tant les dispositions maritimes concernant l’obligation de mutinerie que les traités fondateurs du devoir de désobéissance civile (à commencer évidemment par Thoreau, avant que nos ‘élites’ votent une Loi concernant ceux qu’il convient de ‘dénumériser’).

Pour finir : si nous étions paranoïaques, et mettions ceci en corrélation avec l’appauvrissement continuel de notre système éducatif, et la main-mise de plus en plus lourde de la loi de marché sur toutes-autres-lois-du-monde-existant-ou-restant à inventer, nous pourrions légitimement nous demander si cet “épisode” ne vise pas à un même but : tuer dans l’oeuf tout principe de science, de réflexion, de création, et donc… de Liberté.

L’Industrie-Reine-du-Monde n’a pas l’usage de citoyens éclairés. Il suffit d’éteindre, une à une, toutes les lumières. Abaisser le niveau de lecture des “consommateurs”, et leurs facultés de jugement et de discernement, puis décourager les penseurs de penser et les artistes (ces agitateurs natifs) d’écrire. Et puis… ? Ah, vous savez bien quoi.

Mais nous ne sommes pas paranoïaques, n’est-ce pas ?

N’est-ce pas ?

N’est-ce pas ?

Voilà le crime. Voilà les acteurs de la pièce. Voilà notre scène posée, et le prolégomène récité.

Tout le monde connaît, en terres de SF, la température de ce fahrenheit. Nul besoin, j’espère, de pousser plus loin ce dessin.

Les auteurs refusent. Tous ceux qui ne le feraient pas seraient des jaunes, des imbéciles, et des imposteurs.

Et beaucoup d’éditeurs, tout autant, refusent. Agir autrement justifierait tout le mal que si souvent, à tort ou à raison, on pense d’eux.

Je me demande ce que les Hommes-Bouliers feraient, si un nombre conséquent de “consommateurs” s’engageaient, par avance, à ne jamais acheter un de ces ouvrages volés, et à boycotter l’intégralité du catalogue des éditeurs “adoptants” qui tremperaient dans cette magouille.

Je me le demande, oui.

Je me demande, plus que tout, si je dois regretter la folie que j’ai faite en livrant mes mots, mon sang, mes rêves, mon âme à cette broyeuse.

C’est sans aucun doute ni aucune restriction ou réserve que j’affirme : si cette “Loi” “avait existé avant 1998 vous n’auriez jamais lu un seul mot de moi.

Mais je me demande aussi, au-delà de la réaction personnelle, nécessairement épidermique, que cette situation m’inflige… à qui profite ce crime.

Bénéfice pour les auteurs = 0

Bénéfice pour les éditeurs traditionnels (de taille petite à moyenne) = 0

Bénéfice pour les lecteurs = 0

Bénéfice pour la “Culture” = 0

Bénéfice pour la diplomatie internationale = 0

Bénéfice pour la paix sociale et la concorde = 0

A qui profite ce crime ?

Sommes-nous dirigés par des P4, des P3, ou est-ce pire encore que cela ?

A suivre….

Léa S.

    Principe de Suspension de la Crédulité – Durablement insoluble, dans un univers de plus en plus insalubre. 

Pour observer la disgrâce de la BNF, et la dégradation irréparable de ce jadis auguste bâtiment, c’est ici :

http://relire.bnf.fr/accueil

N’oubliez pas vos sels, et vos masques à gaz, surtout !

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ReLIRE face à la CJUE : l’Europe rend justice aux auteurs français !

Hier :

Ceux qui ont suivi les épisodes précédents de la saga ReLIRE le savent : suite à la mise en application, en 2013, le la “Loi sur les œuvres indisponibles du XXè siècle” un Recours (1) en excès de pouvoir fut présenté devant le Conseil d’État français.

Cette action en justice, inlassablement présentée par la partie adverse comme le fait de “deux auteurs seulement”, était menée par Yal Ayerdhal et Sara Doke pour le Droit du Serf, structure qui s’est jointe au Recours, ainsi que trente-cinq auteurs et artistes de l’hexagone et l’association Autour des auteurs.

Le Conseil d’État renvoya le cas devant le Conseil Constitutionnel qui statua (je paraphrase) que les auteurs, certes, étaient bien lésés par cette loi, mais que “l’intérêt général” voulait que, ma foi, on passe allègrement au-dessus de ce détail.

Le dossier, renvoyé devant le Conseil d’État, aboutit enfin sur le bureau de la Cour de Justice de l’Union Européenne, dans la mesure où une partie des arguments s’appuyaient sur les contradictions de ses dispositions avec les termes de la directive européenne sur le droit d’auteur.

L’Avocat général rendit alors un rapport favorable aux auteurs (dont nous avons déjà parlé ici = Captain Europa envoie la France ReLIRE sa copie )

Aujourd’hui

Le 16 novembre 2016, la CJUE statua enfin, confirmant que les préventions des plaignants étaient fondées.

D’entrée, la Cour souligne que la France a fait cavalier seul : elle a ajouté une limitation au monopole des auteurs non prévue par la directive en vigueur. Et pour la CJUE, pas de doute : en dehors des cas prévus par le droit européen, et même si la numérisation des oeuvres indisponibles est un beau projet, « toute utilisation d’une oeuvre effectuée par un tiers sans un tel consentement préalable doit être regardée comme portant atteinte aux droits de l’auteur de cette œuvre ». Par définition, donc, ajouter une brèche non prévue par la directive est attentatoire aux intérêts des auteurs.

Mais, question immédiate : peut-on malgré tout déduire du silence d’un auteur, son consentement à nourrir la base ReLire, pour le plus grand plaisir de la SOFIA ? Non, enchérit la Cour ; un tel accord implicite ne peut se déduire qu’à la condition que l’auteur dispose d’une « information effective et individualisée » qui fait ici défaut.

(Nextinpact)

Le jugement est assez marqué pour que la presse le manifeste au travers de titres ‘expressifs’ : “La CJUE décapite ReLire” ;  “L’Europe abat la loi Oeuvres indisponibles, pour avoir méprisé les auteurs” ; “le registre français des livres indisponibles, épinglé par la CJUE”…

ActuaLitté résume :

Si la condamnation de la France ne faisait pas trop de doutes, dans l’affaire portée devant la Cour de Justice de l’Union européenne, la décision est sans appel. L’ensemble du projet de numérisation des livres indisponibles, réédités en format numérique sans l’accord préalable des auteurs, est dénoncé comme illégal. (…)

Si la Cour a suivi les conclusions de l’avocat général, elle est encore plus ferme dans la condamnation du projet français.

Effectivement, nous aurions du mal à nous plaindre de la teneur de ce jugement, qui fait montre d’une bonne estimation des problèmes et lésions causées par ReLIRE aux auteurs.

Le principe d’opt-out est particulièrement visé :

En effet, en l’absence d’information préalable effective relative à cette future utilisation, l’auteur n’est pas en mesure de prendre position sur celle-ci et, partant, de l’interdire, le cas échéant, de sorte que l’existence même de son consentement implicite à cet égard demeure purement hypothétique.

Mais également (et c’est en ceci que cet arrêt dépasse les espérances des plaignants), le rôle donné à l’éditeur dans le processus. Il est précisé que seul l’auteur peut décider de mettre fin à l’exploitation ReLIRienne de l’œuvre, sans avoir à trouver un “commun accord” avec l’éditeur, comme l’envisage le texte français.

Dans le contexte d’une loi établie au seul bénéfice des éditeurs, (et en particulier des éditeurs ayant préalablement failli à l’obligation d’exploitation suivie de l’œuvre, et qui se voient proposé — rappelons-le gaiement — de ‘reprendre’ une œuvre dont ils avaient auparavant interrompu l’exploitation, sans accord de l’ayant-droit unique) c’est là une disposition particulièrement bienvenue !

La conclusion de la CJUE tombe  donc comme un couperet :

l’article 2, sous a), et l’article 3, paragraphe 1, de la directive 2001/29 doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à ce qu’une réglementation nationale, telle que celle en cause au principal, confie à une société agréée de perception et de répartition de droits d’auteurs l’exercice du droit d’autoriser la reproduction et la communication au public, sous une forme numérique, de livres dits ‘indisponibles’, à savoir des livres publiés en France avant le 1er janvier 2001 et ne faisant plus l’objet ni d’une diffusion commerciale ni d’une publication sous une forme imprimée ou numérique, tout en permettant aux auteurs ou ayants droit de ces livres de s’opposer ou de mettre fin à cet exercice dans les conditions que cette réglementation définit.”

Ce régime devra donc être revu pour permettre une information préalable de chaque auteur et pour leur permettre de mettre fin à l’exercice des droits d’exploitation sans devoir se soumettre à de quelconques formalités.

Amen !

C’est une grande victoire, évidemment, sur un dossier où l’on n’a cessé de nous affirmer que nous étions, nous, auteurs, ignares / égoïstes / pleurnicheurs sans motif, et que nous n’avions aucune chance de l’emporter. (L’équipe Nitch est particulièrement amusée par la clarté de vision de la CJUE, au souvenir du compte rendu qui nous fut livré par un ‘ténor’ du droit de la propriété intellectuelle préalablement au Recours, et qui nous affirmait que nous-autres — qui travaillons pourtant sur le terreau du CPI depuis plus de vingt ans — étions en grande erreur sur ces points, et que la loi était parfaitement valide, et inattaquable. Nous nous réjouissons grandement d’avoir évalué à sa juste mesure l’indigence professionnelle de ce monsieur, et d’avoir tablé sur notre propre connaissance intime du métier, en rejoignant sans une hésitation nos camarades du SELF).

 

Demain ?

L’État français a beaucoup investi dans la mise en œuvre de ce pillage institutionnel. Et injecté dans cette machinerie des sommes conséquentes (fonds public, en partie détournés de l’enveloppe réservée à Gallica — numérisation des œuvres du Domaine Public — comme nous l’avons précédemment évoqué ici (cf. ReLIRE et l’argent de ‘l’intérêt public’ ). Un certain nombre d’éditeurs ont déjà bénéficié de cette juteuse façon de laisser son propre fonds (papier)sombrer dans ‘l’indisponibilité’ pour le récupérer lestement (en numérique) au frais tant de l’auteur que du contribuable.

Les chances que la France invalide purement et simplement sa grossière tentative de piraterie sont donc proches du zéro. L’arrêt de la CJUE ne l’exige pas spécifiquement, ceci dit. Il est réclamé de la France qu’elle “corrige sa (lamentable) copie”, afin que le droit de divulgation des auteurs soit respecté, et qu’on cesse de prétendre que, sous prétexte que l’on acheté des placards publicitaires dans des magazines et monté un site web, l’intégralité des auteurs est “forcément au courant” que l’on est en train de s’approprier ses “orphelins” (sic*k*).

Ce qui reviendrait en somme à remplacer l’opt-out par un opt-in, et donc à laisser en place la structure existante mais en envoyant à la benne les fameuses listes annuelles (rafles de printemps) dans lesquelles l’auteur doit aller anxieusement rechercher ses “petits”, sous peine qu’ils ne soient mis au travail sans le consentement des “parents”. (restons dans le thème des “orphelins”, n’est-ce pas ? ce choix de terme mérite bien, dans les circonstances présentes, la nausée qu’on lui destine — et le mot “œuvres orphelines” n’est évidemment pas de nous ).

Ce choix de l’opt-in, consistant donc à mettre en place ce système et à offrir aux auteurs désireux de le faire de le rejoindre (ou pas 😉 ) existe déjà, par en exemple, en Italie, avec Book Republic / Libreria degli Scrittori (Ah… mais il est vrai que c’est là une initiative non de l’un état mais des auteurs eux-mêmes ! — solution que nous n’avons jamais cessé de favoriser 😉 ) Une démarche similaire fut engagée en France, plus modestement, par Multivers Editions .

Resterait alors à la BNF la tâche épineuse de mettre les “saisies” opérées depuis 2013 (et donc nombre ont déjà été commercialisées via le pitoyable satellite Fénixx) en conformité avec la législation européenne (telle qu’on vient de la leur rappeler à grands coups de règle sur les doigts). Ouverture à débats, procès des auteurs lésés, et… déculottée supplémentaire.

Le Syndicat National de l’Édition s’exprimait d’ailleurs à ce sujet, avant même que la cour statue sur ce cas :

« Difficile de dire ce que nous ferions, mais lorsque nous avons eu une condamnation au niveau français pour l’application d’un taux de TVA réduit sur le livre numérique, nous avons tenu bon sans appliquer la décision de la CJUE, et nous avons finalement obtenu gain de cause. Nous pourrions soutenir une position similaire dans le cas de ReLIRE, dans l’attente de mesures rectificatives. »

Pierre Dutilleul, directeur général du SNE c/o ActuaLitté

Fascinant.

L’on notera au passage que M. Dutilleul zappe allègrement une étape, en usant avec libéralité du “nous” (de majesté ?) : il reste encore au Conseil d’État à s’exprimer sur l’arrêt de la CJUE. À moins, donc, que le directeur général du SNE ne soit fondé à s’exprimer pour le gouvernement français, il ferait mieux, sans doute, de s’abstenir de déclarations montrant le mépris des grands éditeurs français pour les institutions légales européennes. On se doute que la collaboration du gouvernement français à la rafle ReLIRE aura conforté les maquignons des grands groupes éditoriaux dans l’idée que tant décideurs institutionnels qu’auteurs sont à leur botte. Mais ils seraient mieux avisés de garder profil bas, de peur que les organigrammes édifiants des structures impliquées dans ReLIRE ne finissent pas attirer l’attention d’une autre cour (au moment ou les lobbies, jusqu’ici interdits de territoire en France, initient une flamboyante percée dans le paysage, il va être temps de se pencher sur les lois anti-trusts !).

M. Dutilleul semble oublier également que, à moins d’un Frexit, la législation européenne n’est pas, dans un tel cas, une simple “recommandation” pour les États membres.

Comme le soulignent avec pertinence nos confrères d’ActuaLitté :

Étant donné que la procédure n’était pas un véritable procès, mais le renvoi d’une juridiction (celle du Conseil d’État), le passage par la CJUE implique en effet un crochet juridique pour l’ensemble de l’affaire. En théorie, le CE pourrait passer outre l’arrêt de la Cour et prendre une décision contraire. En théorie, seulement, car, non seulement, l’arrêt est contraignant et normalement, le CE doit suivre et tirer les conséquences du verdict rendu par la Cour.

Une source proche de la CJUE précisait en effet à ActuaLitté que la France s’expose à un rappel à l’ordre de la Commission européenne, si la décision du CE n’était pas respecté. Dans ce cas, un recours en manquement pourrait être initié, « chose qui n’est jamais arrivée », expliquait-on – dans le cas où une cour nationale ne respecterait pas l’arrêt.

 

Ehhh oui.

Est-ce à dire que le SNE, ou les éditeurs français dans leur ensemble, s’estimeraient au-dessus des lois ? Tant celles de leur propre pays que celles de la Communauté Européenne ?

Au vu de la proximité des prochaines échéances électorales, je suis particulièrement curieuse de voir la réponse que le Conseil d’État donnera à leurs prétentions ; sachant — afin de dissiper toute confusion — que si l’administration Hollande mit en œuvre ce projet, il fut conçu sous l’administration précédente : celle de Sarkozy (profitons-en au passage pour remercier le PCF, seul parti à avoir mis en cause la légitimité de ReLIRE et interpellé le gouvernement sur l’utilisation de fonds public dans le cadre d’une telle entreprise — sans effets concrets ni réponse, hélas. Ah… la démocratie française !)

La SOFIA, bien que sa mission soit remise intégralement en question, se montre plus prudente dans sa réaction :

La Sofia prend connaissance de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 16 novembre 2016, dans l’affaire C-301/15, concernant la compatibilité de la loi du 1er mars 2012, relative à l’exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle, avec la directive européenne 2001/29 sur le droit d’auteur.

Cette décision appelle une analyse approfondie.
Le Conseil d’État aura, par ailleurs, à en préciser le sens et la portée, au regard de la réglementation française.

Dans ces conditions, la Sofia se réserve de prendre, en temps utile, toutes initiatives qui s’imposeraient.

 

Très sobre. Avec juste une trace de “je vais le dire à Papa, et on verra bien ce qu’il dira ! Et si jamais… tu vas voir ce que tu vas prendre !

Pathétique. S’ils n’avaient pas essayé de nous éventrer, nous pourrions presque les plaindre.

Livres Hebdo se montre également d’une grande prudence et neutralité :

Ce programme est déjà opérationnel, avec une première numérisation d’environ 200 000 titres. Diffusés et distribués par la société FeniXX (Fichier des Editions Numériques des livres Indisponibles du XXe siècle), filiale du Cercle de la librairie (comme Electre, société éditrice de Livres Hebdo et de la base bibliographique du même nom), ces livres sont inscrits dans ReLIRE (Registre des Livres Indisponibles en Réédition Electronique). La gestion des droits est confiée à la Sofia, qui s’occupe aussi des éventuels retraits souhaités par les auteurs.

Dans ces mentions finales à l’article, un détail n’a pu, toutefois, que m’attirer l’œil : “comme Electre, société éditrice de Livres Hebdo“. … En effet, comme chaque acteur du milieu le sait, le magazine Livres Hebdo (entre autres !) appartient à Electre. La question que je me pose, évidemment, est : pourquoi le mentionner ici ? Intéressant.

À noter que, à l’heure actuelle, ni la BNF ni ses partenaires ne se sont, à notre connaissance, exprimés.

 

Il nous restera à disséquer une dernière remarque de la CJUE sur ce cas. Mais dans la mesure où elle rejoint une autre de nos “explorations de l’hydre ReLIRE” prévue de longue date… nous le ferons dans notre prochaine intervention.

 

Dans l’attente des suites de cette affaire, aucune peau de l’ours n’est à vendre, et la décision de la cour devra être contemplée aussi à lumière de ses travaux actuels sur le malheureux terreau du “droit d’auteur à l’heure du numérique”. De mauvaises surprises ultérieures sont toujours à craindre, dans cette période très interstitielle.

Nous resterons bien entendu attentifs à la réaction de nos estimés adversaires, et prêts à remettre le couvert autant de fois qu’il le faudra, jusqu’à éradication totale de la bête immonde.

 

Good night and good luck,

 

LS/.

 


Notes :

(1) l’honnêteté nous oblige ici à préciser que la rédactrice du présent article fait partie des trente-cinq artistes s’étant joints à ce Recours, ainsi que plusieurs autres artistes du collectif Nitchevo, qui a lui-même participé à financer cette action en justice. Et donc… nous avons pesé, mesuré et jugé ReLIRE objectivement, mais sommes à 100% opposants, ouvertement, au dit ReLIRE.

 

Pour aller plus loin :

(au sujet des suites possibles)

 

 

 

 

 

 

 

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Captain Europa envoie la France ReLIRE sa copie

Quand les nouvelles sont bonnes… nous sommes là aussi !

Adrenadream - Lea Silhol Sword-press

digital justice

En ce beau 7 juillet 2016, les plaignants engagés depuis des années dans un recours en excès de pouvoir contre l’État français attendaient les conclusions de l’avocat général devant la cour de justice de  l’Union Européenne. Ceci sans optimisme excessif, eu égard à la perte de confiance généralisée dans les institutions civiles, et dans celles se préoccupant de la Justice en particulier.

L’avis de Melchior Wathelet a donc percuté les nombreux plaignants (que nos estimés adversaires, tout comme la majorité des médias censément “bien renseignés” s’obstinent à réduire au nombre de deux, zappant allègrement les auteurs, association et syndicats s’étant joints audit Recours) avec une vigueur exceptionnelle, dans la mesure où il est quasi-intégralement (minus une réserve sur l’intérêt général, évoquée pour être mieux déboutée) favorable aux plaignants. Aux auteurs, donc, dressés tel David et sa caillasse face au Golgoth (hummm) Goliath, veux-je dire gouvernemental.

Bref rappel des faits…

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Mourir debout

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Préambule…

Mon aversion à Facebook est connue. Ce blog se pare fièrement d’un “vous ne me trouverez pas sur facebook”.  Mais… il se trouve que, récemment, une des mes “causes préférées” m’a ramenée là bas. Bon gré mal gré / choix cornéliens, etc. Il sera temps de déplier cet origami plus tard, lorsque j’arriverai à formuler ce que j’ai à dire sur “l’autre cause en question” ( le massacre des lévriers d’Espagne).

La lourdeur des outils webbiens étant ce qu’elle est actuellement pour ma pauvre bécane asthmatique, je me suis retrouvée à céder à la facilité, au retour d’un rassemblement au Club de la Presse de Montpellier, à poster ce qui suit sur… Facebook. (c’est un monde, je sais…)

C’est un très grand dilemme, en ce moment, d’opérer les nécessaires distinguos entre l’affect ( = des collègues sont morts. Ils se trouve que nous les aimions) et “ce qui doit être…

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Nos rires se sont brisés comme un éclat de verre

Kyoami*

Kyoami : In a mad world only the mad are sane. (Ran)

 “Qu’il soit chamane, clown céleste, fou ou bouffon sacré, moine Zen ou bouddha hilare, par delà les cultures et le nom qui cherche à le définir, cet être des frontières, de la marge, qui hurle ses multiples facettes à l’assistance médusée ou aux « possédés » cherchant la guérison , a toujours la même fonction, celle de questionner sans relâche les certitudes, d’apaiser l’angoisse en provoquant la peur et le rire mêlés.”

Thomas Nys

 *lights*

“Et c’est bien le bouffon shakespearien qui est à l’origine du mythe moderne du fou de cour libre de toutes entraves, autorisé à dire ce qu’il pense et à faire ce qu’il veut en toute impunité.

En réalité, le fou du roi payait très cher sa liberté, et son statut n’avait rien d’enviable, car il était une sorte de hors-la-loi institutionnalisé : un homme qui, tout en étant proche du pouvoir, était condamné à la solitude et à l’opprobre par la société, qui contrebalançait ainsi par une faiblesse structurelle les privilèges extraordinaires dont il disposait.”

Tatjana Silec

*070115*

– Oh my God, They killed Kenny again !
– No dearest, this time they killed Kyoami. And I’m not sure he may come back.

*

Je relis nos devises, ici, à Nitchevo. Et je vois ces cœurs, échardés de verre.

And now ?

Now, of course,
Do not go gentle into that good night.
Rage, rage against the dying of the light.

Dylan Thomas

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Les symptomes de Stockholm

Les artistes otages du système – topographie de quelques manipulations en cours…

Adrenadream - Lea Silhol Sword-press

J’aime la paix. Si si. (Comme… j’aime l’Enfer, tous les Capulets, et toi) (1)

Tout comme j’aime la paix, j’aime les discours paternalistes et apaisants. Et comme je prends mon Prozium (TM) je gobe tout ce qu’on me dit, en particulier si c’est asséné d’un air de notaire cossu, appuyé par des choeurs de “petits chanteurs à la croix de langue-de-bois” qui psalmodient en canon, et le serial-posting d’articles en ligne (surtout issus de Wikipédia).  ET plus encore j’adore qu’on me vende des solutions en kit, pré-mâchées, assorties d’une notice qui stipule de façon rassurante de combien de tournevis et de bonzhommes j’aurai besoin pour finaliser le montage de mon étagère-utopie.

Je ne voudrais surtout pas oublier de mentionner à quel point je me sens “encadrée” quand des personnes dont l’existence se manifeste principalement sous pseudo, dans la blogosphère, me disent ce que je devrais faire, penser, et…

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Charybde et Scylla : pour une diégèse des démolitions

Adrenadream - Lea Silhol Sword-press

aka : “PORTRAIT DE L’AUTEUR DANS LE MIROIR (DÉFORMANT) DU NUMÉRIQUE”

Howard Roark - architecte individialiste (et donc &quot;guilty&quot;) in &quot;The Fountaihead&quot; by  Ayn Rand Howard Roark – architecte individialiste (et donc “guilty”) in “The Fountaihead” by Ayn Rand

Le pouvoir, dans le sens répréhensible du terme, est la capacité à diriger l’énergie et les ressources des autres au service de valeurs qu’ils ne partagent pas.
Fredrich Von Hayek

Depuis plus d’un an les artistes français, toutes catégories confondues, se débattent contre une transformation majeure, et infiniment négative, de leur métier : “la loi sur les livres indisponibles du XXe siècle”, aka : “projet ReLIRE”.

Cette “loi”, (pour ceux qui auraient manqué quelques épisodes) consiste à octroyer à l’État le pouvoir de saisir, au bénéfice de groupes privés,  des oeuvres dont les auteurs sont non seulement connus et parfaitement identifiables, mais aussi, par opposition au système du “domaine public”… vivants. Et ceci du moment, donc, que les oeuvres en question ne font plus l’objet dune…

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Les auteurs et artistes face au Commonisme – liminaire

Tandis que la broyeuse ReLIRE continue sa sinistre besogne avec la publication en mars de sa nouvelle “cuvée”, et que le piratage des livres imprimés se multiplie de façon éhontée, les artistes, jamais en rade d’ennemis voués à les utiliser, voler, violenter, saccager, détruire, se sont trouvés un nouveau “faux ami” : le Commonisme.

Nous n’avions pas, comme les artistes eu-même, c’est peu de le dire, ‘que cela à faire’. Mais l’implication de certains tenants de cette idéologie, et la propagation de leurs idées virales nous oblige à ouvrir un nouveau front.

Notre “Théma” commence aujourd’hui, et se poursuivra sur plusieurs articles.

 

A consulter aussi :
Chez Wikibuster : 2014 : Naissance d’une mouvance anti-commoniste ?   Le pacte de résistance à l’idéologie du logiciel libre
Les articles (tant et tant) de L’écomoneur
 

Réactions d’auteurs (nous estimons, contrairement aux communistes que oui, ça compte):

Lionel Davoust (vaut pour ReLIRE et les Commons) : “Petite fatigue”
Oliver Gechter (même remarque) : “Ce que tu as créé ne t’appartient pas”
Lucie Chenu : L’art, la vie, la liberté…

Léa Silhol : Charybde et Scylla : pour une diégèse des démolitions (et, en ad-on, “Aille…  Robots !” )

 
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